Article initialement rédigé le 4 septembre 2024 et mis à jour le 4 septembre 2026
L’essentiel à retenir dans cet article
Vitamines et minéraux à la ménopause : le guide complet
Un complément alimentaire n’est pas un médicament : son efficacité thérapeutique n’a pas à être démontrée avant commercialisation de la même manière que celle d’un médicament.
À la ménopause, certains micronutriments méritent une attention particulière, notamment la vitamine D, le calcium, le magnésium, les vitamines B, le fer, le zinc, le sélénium et l’iode. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les femmes doivent les prendre sous forme de compléments.
La priorité reste une alimentation variée et suffisamment nutritive. Une supplémentation devient surtout pertinente lorsqu’un apport est insuffisant, qu’une carence est identifiée, qu’un risque particulier existe ou qu’un professionnel de santé la recommande.
Et surtout : plus n’est pas mieux. Certaines vitamines et certains minéraux peuvent devenir problématiques lorsqu’ils sont consommés en excès.
Introduction —
Vitamines et minéraux à la ménopause : comment s’y retrouver ?
Le rayon des compléments alimentaires ressemble parfois à une jungle. Trente flacons. Trente promesses. Et une seule certitude : au bout de dix minutes, tu ne sais plus ce dont tu as réellement besoin.
Vitamine D, magnésium, calcium, zinc, vitamines B, sélénium, fer, iode, K2… À la ménopause, le marketing sait parfaitement appuyer là où ça fait mal : fatigue, sommeil perturbé, prise de poids, peau qui change, os plus fragiles, moral en dents de scie.
Mais empiler des gélules au hasard n’a jamais constitué une stratégie nutritionnelle. Et surtout, un symptôme ne permet pas à lui seul de diagnostiquer une carence. Une fatigue peut avoir dix causes. Un brouillard mental aussi. Une chute de cheveux, des crampes ou une peau sèche ne signifient pas automatiquement que ton organisme réclame un complément alimentaire.
Ce guide complet va donc t’aider à faire le tri. Tu vas découvrir pourquoi certains nutriments deviennent particulièrement importants autour de la ménopause, quelles vitamines surveiller, quels minéraux et oligo-éléments méritent ton attention, quand l’alimentation peut suffire, quand un bilan biologique peut être pertinent, et surtout, quand une supplémentation est réellement justifiée.
L’objectif n’est pas de remplir ton placard de flacons. C’est de comprendre ce dont ton corps a réellement besoin.
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Vitamines et minéraux à la ménopause : le guide complet
Pourquoi les besoins en vitamines et minéraux
évoluent-ils à la ménopause ?
Les changements hormonaux modifient plusieurs équilibres physiologiques
Ton corps ne fonctionne plus tout à fait comme avant. Et ce n’est pas qu’une impression.
La diminution des œstrogènes influence notamment le métabolisme osseux. Autour de la ménopause, le remodelage osseux s’accélère et la résorption peut devenir supérieure à la formation de nouvel os. C’est l’une des raisons pour lesquelles la perte de densité minérale osseuse s’accélère après la ménopause.
Le métabolisme évolue également avec l’âge. La composition corporelle peut changer, notamment avec une diminution progressive de la masse musculaire et une redistribution plus abdominale du tissu adipeux.
Mais attention à une idée reçue : la ménopause ne signifie pas que tes besoins augmentent automatiquement pour toutes les vitamines et tous les minéraux. Cette période rend surtout certains nutriments particulièrement importants à surveiller en fonction de ton alimentation, de ton âge, de ton état de santé et de tes facteurs de risque.
Si tu souhaites approfondir les changements métaboliques de cette période, retrouve mon guide Métabolisme et ménopause : 7 solutions naturelles pour le relancer.
Avant les compléments, regarde ton assiette
Le premier réflexe ne devrait pas être : « Quel complément dois-je acheter ? » Mais plutôt : « Est-ce que mon alimentation couvre correctement mes besoins ? »
Une alimentation variée apporte simultanément vitamines, minéraux, protéines, fibres, acides gras essentiels et de nombreux composés bioactifs. Un complément, lui, apporte généralement quelques nutriments isolés. Il peut être extrêmement utile lorsqu’il répond à un besoin précis. Mais il ne remplace pas une alimentation insuffisamment diversifiée.
La logique est donc simple : alimentation d’abord, supplémentation ciblée ensuite si nécessaire.
Complément alimentaire et médicament : ce n’est pas la même chose
Voici une distinction fondamentale. Un complément alimentaire relève de la réglementation applicable aux denrées alimentaires. Contrairement à un médicament, il n’a pas à démontrer une efficacité thérapeutique par des essais cliniques avant sa commercialisation selon la même procédure qu’un médicament.
Cela ne signifie évidemment pas que tous les compléments alimentaires sont inutiles. Certaines supplémentations ont une indication parfaitement rationnelle et documentée. Mais la composition, les dosages, les formes chimiques utilisées et la qualité des produits peuvent varier.
Et surtout : un nutriment utile à dose adéquate peut devenir problématique lorsqu’il est consommé en excès. Naturel ne veut donc pas dire sans risque. Les interactions médicamenteuses, contre-indications et surdosages existent aussi avec les vitamines et les minéraux.
ANSES, EFSA, HAS : tes meilleures boussoles
L’ANSES publie notamment les références nutritionnelles françaises. Tu peux y rencontrer plusieurs notions : le BNM (besoin nutritionnel moyen, niveau permettant de couvrir les besoins d’environ la moitié d’une population donnée), la RNP (référence nutritionnelle pour la population, apport permettant de couvrir les besoins de la grande majorité), l’AS (apport satisfaisant, utilisé lorsqu’il n’existe pas suffisamment de données pour établir une RNP), et la LSS (limite supérieure de sécurité, quantité maximale d’apport chronique considérée comme peu susceptible d’entraîner un risque).
Ces valeurs ne constituent pas une prescription personnalisée. Elles fournissent un cadre scientifique de référence. Les recommandations de l’ANSES peuvent être complétées par celles de l’EFSA, de la HAS, de l’Assurance Maladie ou encore des sociétés savantes selon le sujet.
Consulter les références nutritionnelles de l’ANSES
Vitamines et minéraux à la ménopause : le guide complet –
Quelles vitamines sont importantes à la ménopause ?
Vitamine D : une priorité pour la santé osseuse
La vitamine D possède un fonctionnement particulier. Après plusieurs étapes de transformation dans l’organisme, elle donne naissance au calcitriol, sa forme hormonalement active. Son rôle est notamment essentiel dans le métabolisme phosphocalcique : elle favorise l’absorption intestinale du calcium et participe au maintien d’une minéralisation osseuse normale. C’est particulièrement important après la ménopause, période pendant laquelle la perte osseuse s’accélère.
Notre organisme peut synthétiser de la vitamine D au niveau cutané sous l’action des rayonnements UVB. Mais cette production dépend de nombreux facteurs : saison, latitude, exposition solaire, âge, pigmentation cutanée, vêtements, mode de vie. Les sources alimentaires existent également, notamment les poissons gras, les œufs et certains aliments enrichis, mais elles peuvent être insuffisantes pour couvrir les besoins dans certaines situations.
Faut-il automatiquement prendre de la vitamine D à la ménopause ? Pas sur la seule base du mot « ménopause ». La décision dépend du contexte individuel, des facteurs de risque et, lorsqu’il est indiqué, du dosage de la 25-OH-vitamine D, marqueur utilisé pour évaluer le statut vitaminique D.
Vitamine K et K2 : intéressantes pour l’os, mais pas systématiques
La vitamine K intervient dans l’activation de plusieurs protéines, dont l’ostéocalcine, impliquée dans le métabolisme osseux. La vitamine K2 a donc fait l’objet de nombreuses recherches chez les femmes ménopausées, notamment lorsqu’une ostéoporose est déjà présente. Plusieurs essais et méta-analyses suggèrent des effets intéressants sur certains marqueurs du remodelage osseux et, dans certaines populations, sur la densité minérale osseuse.
Cela ne signifie toutefois pas que toutes les femmes prenant de la vitamine D doivent automatiquement lui associer de la vitamine K2. La supplémentation doit être individualisée.
Et un point est particulièrement important :
Si tu prends un traitement anticoagulant antivitamine K, ne commence jamais une supplémentation en vitamine K sans avis médical.
Vitamines B : énergie, système nerveux et formation des cellules sanguines
Les vitamines du groupe B interviennent dans de très nombreuses réactions métaboliques.
- Vitamine B6: participe notamment au métabolisme énergétique et au fonctionnement du système nerveux.
- Vitamine B9: (folates) intervient dans la division cellulaire et la formation normale du sang.
- Vitamine B12: joue notamment un rôle dans le fonctionnement neurologique et la formation des globules rouges.
Certaines carences en vitamines B peuvent donc provoquer ou aggraver fatigue, anémie, troubles neurologiques, difficultés cognitives. Mais attention : fatigue + brouillard mental ne signifient pas automatiquement carence en vitamines B. Ces symptômes ont de nombreuses causes possibles.
Vitamine B12 : une attention particulière avec l’âge
La B12 mérite une place à part. Le risque de mauvaise absorption augmente avec l’âge, notamment en présence de certaines pathologies digestives. Certains médicaments peuvent également intervenir, notamment la metformine ou l’utilisation prolongée de médicaments réduisant l’acidité gastrique.
Une carence en B12 peut notamment provoquer fatigue, anémie, fourmillements, troubles neurologiques, difficultés cognitives. Elle peut donc parfois être confondue avec un simple brouillard mental de la ménopause.
Si ces symptômes apparaissent ou persistent, mieux vaut rechercher leur cause plutôt que d’acheter automatiquement un complexe de vitamines B.
Vitamines A, C et E : peau, tissus et protection antioxydante
- Vitamine A: contribue notamment au maintien d’une peau normale, des muqueuses et de la vision.
- Vitamine C: intervient dans la synthèse normale du collagène, une protéine essentielle aux tissus conjonctifs, à la peau, aux cartilages et aux os.
- Vitamine E: contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif.
Cela ne signifie pas qu’un complément « ACE » est nécessaire. Une alimentation variée apporte naturellement ces vitamines ainsi que de nombreux autres composés. Pense notamment aux carottes, patates douces et légumes colorés ; agrumes, kiwi, fruits rouges et poivrons ; amandes, noisettes, graines et huiles végétales.
L’objectif est d’abord de multiplier les couleurs dans ton assiette, pas les comprimés dans ton pilulier.
Vitamines et minéraux à la ménopause : le guide complet
Quels minéraux sont essentiels à la ménopause ?
Calcium : indispensable à la santé osseuse
Le calcium reste évidemment incontournable lorsque l’on parle de ménopause et d’os. Il constitue un élément majeur du squelette. Mais sa santé ne dépend pas uniquement de la quantité de calcium consommée. Elle dépend également de la vitamine D, des protéines, de l’activité physique, de la masse musculaire, du tabagisme et de l’alcool, de l’âge, des facteurs hormonaux, de certains traitements.
L’objectif n’est donc pas de prendre « le plus de calcium possible ». C’est de disposer d’un apport adéquat dans une stratégie globale de santé osseuse.
Privilégie lorsque possible les sources alimentaires : produits laitiers, certaines eaux minérales riches en calcium, sardines avec arêtes, légumes verts pauvres en oxalates, certains produits enrichis. Une supplémentation éventuelle doit tenir compte de ce que ton alimentation apporte déjà.
Magnésium : un acteur du métabolisme osseux, musculaire et nerveux
Le magnésium intervient dans plusieurs centaines de réactions enzymatiques. Il participe notamment au fonctionnement musculaire, au fonctionnement du système nerveux, au métabolisme énergétique, au maintien d’une ossature normale.
C’est donc un nutriment important. Mais cela ne signifie pas qu’une supplémentation en magnésium traite à elle seule l’insomnie, le stress, les douleurs articulaires ou la fatigue de la ménopause. Les études observationnelles suggèrent des associations entre statut en magnésium et santé osseuse, mais il serait excessif d’en faire « le facteur oublié » responsable à lui seul de la densité osseuse.
Commence par les aliments : amandes, noix et graines, légumineuses, céréales complètes, légumes verts, cacao. Si une supplémentation est indiquée, la dose, la forme et la tolérance digestive doivent être prises en compte. Certaines formes sont mieux tolérées que d’autres selon les personnes.
Potassium : pression artérielle, muscles et alimentation végétale
Le potassium participe au fonctionnement normal des muscles et du système nerveux. Il intervient également dans la régulation de la pression artérielle. Une alimentation riche en fruits et légumes constitue naturellement une excellente source de potassium.
Certaines recherches ont également étudié l’effet de sels alcalins de potassium, notamment le citrate de potassium, sur le remodelage osseux. Les résultats restent cependant beaucoup moins spectaculaires que certaines théories sur « l’acidification de l’organisme » pourraient le laisser penser.
Une méta-analyse publiée en 2026 chez des femmes ménopausées a retrouvé un effet sur un marqueur de résorption osseuse, mais pas d’effet cohérent sur plusieurs autres marqueurs. La pertinence clinique reste donc incertaine.
Autrement dit : tu n’as pas besoin « d’alcaliniser ton sang ». Ton organisme régule son pH de façon extrêmement précise. En revanche, manger davantage de fruits, légumes, légumineuses et aliments peu transformés reste une excellente stratégie pour augmenter naturellement tes apports en potassium.
En cas d’insuffisance rénale ou de certains traitements, notamment ceux pouvant augmenter la kaliémie, une supplémentation en potassium ne doit pas être improvisée.
Vitamines et minéraux à la ménopause : le guide complet
Quels oligo-éléments surveiller à la ménopause ?
Zinc : utile, mais plus n’est pas mieux
Le zinc intervient dans le fonctionnement immunitaire, la cicatrisation, la synthèse de l’ADN, de nombreuses réactions enzymatiques. Il participe également au métabolisme osseux.
Mais les études sur la supplémentation rappellent une règle fondamentale : ajouter un nutriment lorsque les apports sont déjà suffisants n’apporte pas nécessairement un bénéfice supplémentaire. Une étude menée chez des femmes ménopausées a notamment mis en évidence des interactions complexes entre les apports alimentaires en zinc, la supplémentation et la densité osseuse.
La bonne conclusion n’est pas que « le zinc est mauvais pour les os ». C’est plutôt : une supplémentation en oligo-éléments n’est pas automatiquement bénéfique lorsqu’aucun déficit n’est identifié.
Les principales sources alimentaires comprennent notamment les fruits de mer, la viande, les œufs, les légumineuses et les graines.
Sélénium : thyroïde et protection antioxydante
Le sélénium intervient dans plusieurs sélénoprotéines. Il participe notamment au fonctionnement thyroïdien et à la protection des cellules contre le stress oxydatif. On le retrouve dans les poissons, fruits de mer, œufs, viandes, certaines noix.
Les noix du Brésil peuvent en contenir des quantités particulièrement élevées. Mais leur teneur varie fortement selon leur origine et les sols sur lesquels elles ont poussé. Il est donc préférable de les consommer avec modération plutôt que de considérer « deux noix par jour » comme une supplémentation précisément dosée.
Et là encore : plus de sélénium ne signifie pas une meilleure thyroïde. Les excès peuvent être toxiques.
Fer : les besoins changent après la ménopause
Le fer occupe une place particulière. Avant la ménopause, les menstruations constituent une source régulière de perte de fer. Lorsque les règles cessent, ces pertes diminuent fortement. Les besoins en fer évoluent donc généralement après la ménopause.
Cela ne signifie pas qu’une carence antérieure disparaît instantanément. Une femme ayant présenté des règles abondantes pendant plusieurs années peut conserver des réserves faibles. Une carence en fer peut notamment provoquer fatigue, essoufflement, diminution des performances, pâleur, parfois chute de cheveux.
Mais le fer est justement l’un des nutriments qu’il vaut mieux ne pas prendre « au cas où ». Un excès peut être problématique. Avant une supplémentation, un bilan biologique comprenant notamment la ferritine et, selon le contexte, d’autres marqueurs du statut martial permet d’évaluer la situation plus précisément.
Iode : indispensable à la thyroïde, mais attention aux excès
L’iode est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Or, certaines manifestations d’un trouble thyroïdien peuvent ressembler à des symptômes attribués à la ménopause : fatigue, variation de poids, frilosité, troubles de concentration, modifications de l’humeur.
Il serait cependant dangereux d’en conclure : « Ma thyroïde fonctionne mal, je dois prendre de l’iode. » Plus d’iode n’améliore pas nécessairement la fonction thyroïdienne. Chez certaines personnes prédisposées, un excès peut au contraire provoquer ou aggraver un dysfonctionnement thyroïdien.
Les sources alimentaires comprennent notamment le sel iodé, les poissons et produits de la mer, les œufs, les produits laitiers selon l’alimentation des animaux. Les algues peuvent être extrêmement riches en iode, avec des concentrations très variables selon les espèces. Elles ne doivent donc pas être utilisées comme une supplémentation improvisée.
Si fatigue, prise de poids, frilosité ou troubles cognitifs deviennent importants ou inhabituels, un dosage de la TSH peut être discuté avec ton médecin.
Pour mieux comprendre les changements du métabolisme autour de cette période, tu peux également lire Métabolisme et ménopause : 7 solutions naturelles pour le relancer.
Tableau récapitulatif :
vitamines et minéraux à surveiller à la ménopause
| Nutriment | Pourquoi il est important | Sources alimentaires principales | Supplémentation automatique ? |
| Vitamine D | Os, métabolisme phosphocalcique | Poissons gras, œufs, aliments enrichis + synthèse cutanée | Non, selon contexte et statut |
| Vitamine K | Protéines impliquées dans le métabolisme osseux et la coagulation | Légumes verts, aliments fermentés selon la forme | Non |
| Vitamine B12 | Système nerveux, globules rouges | Produits animaux, aliments enrichis | Selon alimentation, absorption et bilan |
| Vitamine C | Collagène, protection antioxydante | Fruits et légumes | Généralement non si alimentation suffisante |
| Calcium | Structure et santé osseuses | Laitages, eaux calciques, sardines, certains végétaux | Selon apports alimentaires et contexte |
| Magnésium | Muscles, système nerveux, métabolisme énergétique, os | Oléagineux, légumineuses, céréales complètes, cacao | Pas systématiquement |
| Potassium | Muscles, système nerveux, pression artérielle | Fruits, légumes, légumineuses | Non sans indication |
| Zinc | Immunité, enzymes, cicatrisation | Fruits de mer, viande, graines, légumineuses | Pas systématiquement |
| Sélénium | Sélénoprotéines, thyroïde, protection antioxydante | Poissons, œufs, viandes, noix du Brésil | Pas systématiquement |
| Fer | Hémoglobine, transport de l’oxygène | Viande, légumineuses, fruits de mer | Seulement si besoin identifié |
| Iode | Hormones thyroïdiennes | Sel iodé, poissons, produits marins | Prudence : excès possible |
À retenir : les références nutritionnelles indiquent des apports de référence pour une population. Elles ne constituent pas une ordonnance individuelle. Les besoins peuvent varier selon l’âge, l’alimentation, les pathologies, les médicaments et le statut biologique.
Vitamines et minéraux à la ménopause : le guide complet
Faut-il prendre des compléments alimentaires à la ménopause ?
Voilà finalement la vraie question. Et la réponse est : pas systématiquement.
Quand l’alimentation peut suffire
Si ton alimentation est diversifiée, suffisamment énergétique et riche en légumes, fruits, protéines, poissons, légumineuses, céréales complètes, produits laitiers ou alternatives adaptées, oléagineux — elle peut couvrir une grande partie de tes besoins.
Le premier travail consiste donc souvent à corriger l’assiette avant de corriger le pilulier.
Quand un bilan biologique peut être utile
Un bilan biologique devient particulièrement pertinent lorsqu’il existe une fatigue persistante inexpliquée, des symptômes évocateurs d’anémie, un risque de déficit en vitamine B12, une suspicion de trouble thyroïdien, certains facteurs de risque de déficit en vitamine D, une alimentation très restrictive, une maladie digestive ou une malabsorption, certains traitements médicamenteux.
Mais tous les micronutriments ne nécessitent pas un dosage sanguin systématique. Et certains marqueurs sanguins ne reflètent pas parfaitement les réserves corporelles. Le bilan doit donc être orienté par le contexte clinique, pas transformé en catalogue automatique de vingt analyses.
Quand une supplémentation ciblée se justifie
Un complément devient particulièrement pertinent lorsqu’il existe une carence ou insuffisance objectivée, des apports alimentaires durablement insuffisants, un besoin accru ou une situation particulière, une malabsorption, un médicament modifiant le statut d’un nutriment, une recommandation médicale spécifique.
Dans ce cas, le complément répond à une question précise. Et c’est exactement ainsi qu’il devrait être utilisé.
Les situations qui demandent davantage de prudence
Demande conseil à ton médecin ou à ton pharmacien avant une supplémentation fortement dosée ou prolongée si tu présentes notamment une maladie rénale, une pathologie thyroïdienne, une maladie hépatique, une maladie cardiovasculaire, une ostéoporose traitée, des troubles digestifs chroniques, ou si tu prends plusieurs médicaments.
Les interactions ne concernent pas uniquement les plantes. Les vitamines et les minéraux peuvent eux aussi interagir avec certains traitements.
Fatigue à la ménopause :
ne cherche pas automatiquement une vitamine
C’est un piège extrêmement fréquent. Tu es fatiguée. Tu achètes du magnésium, ensuite des vitamines B et puis du fer. Puis de la vitamine D. Et trois mois plus tard, tu es toujours fatiguée mais ton placard ressemble à une petite pharmacie.
La fatigue à la ménopause peut être favorisée par un sommeil perturbé, les sueurs nocturnes, le stress, une alimentation insuffisante, une anémie, une carence en B12, un trouble thyroïdien, certains médicaments, une apnée du sommeil, un trouble de l’humeur, ou une autre pathologie.
Le bon réflexe est donc de chercher la cause avant de multiplier les compléments.
Retrouve également mes 7 solutions naturelles pour booster ton énergie à la ménopause et mon guide sur les troubles du sommeil à la ménopause si tes nuits participent à cette fatigue.
Conclusion —
Quels vitamines et minéraux privilégier à la ménopause ?
Vitamines et minéraux à la ménopause : tu disposes maintenant d’un cadre beaucoup plus utile qu’une simple liste de compléments « indispensables ».
Le calcium et la vitamine D occupent une place importante dans la santé osseuse. Le magnésium intervient dans le fonctionnement musculaire, nerveux et énergétique. La B12 mérite une attention particulière lorsqu’il existe un risque de déficit ou de mauvaise absorption. Le fer ne doit pas être pris au hasard. Le zinc et le sélénium sont essentiels, mais leur excès n’apporte pas davantage de bénéfices. Et l’iode illustre parfaitement une règle fondamentale de la micronutrition : un nutriment indispensable peut aussi devenir problématique lorsqu’il est utilisé sans discernement.
Quant à la vitamine K2, les recherches sur la santé osseuse sont intéressantes, notamment chez les femmes ménopausées présentant une ostéoporose. Mais cela ne justifie pas de l’associer automatiquement à toute supplémentation en vitamine D.
La bonne hiérarchie est donc : 1. Évalue ton alimentation. 2. Identifie tes facteurs de risque et tes symptômes. 3. Recherche une éventuelle cause médicale lorsqu’elle est plausible. 4. Réalise un bilan biologique lorsque celui-ci est pertinent. 5. Supplémente de façon ciblée lorsqu’un besoin est identifié.
Pas besoin de dix flacons pour prendre soin de toi. Parfois, le meilleur complément est simplement celui dont tu as réellement besoin.
Envie de savoir quels leviers naturels correspondent le mieux à ton profil ? Découvre ton profil hormonal dominant grâce à mon quiz gratuit en seulement 3 minutes.
FAQ — Vitamines et minéraux à la ménopause
La vitamine D mérite une attention particulière pour la santé osseuse. La B12 peut également être importante selon l’âge, l’alimentation, les médicaments et les capacités d’absorption.
Pas systématiquement. Un bilan est surtout utile lorsqu’une carence est suspectée, qu’un facteur de risque existe ou qu’une supplémentation fortement dosée ou prolongée est envisagée.
Sa forme active, le calcitriol, est une hormone stéroïdienne. La vitamine D apportée ou synthétisée par la peau constitue un précurseur qui doit être transformé par l’organisme.
Non. La K2 intervient dans le métabolisme osseux et certaines études sont encourageantes, mais son association systématique à la vitamine D n’est pas recommandée à toutes les femmes.
Pas « au cas où ». Une carence en fer peut provoquer une fatigue, mais un excès est également problématique. Un bilan biologique permet de déterminer si une supplémentation est réellement nécessaire.
Les minéraux majeurs, comme le calcium, le magnésium ou le potassium, sont nécessaires en quantités relativement importantes. Les oligo-éléments, comme le zinc, le sélénium ou l’iode, sont requis en quantités beaucoup plus faibles.
Sources consultées pour cet article Vitamines et minéraux à la ménopause : le guide complet
ANSES — Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux
CERIN — Références nutritionnelles pour les femmes ménopausées et les hommes de plus de 65 ans
Inserm — Ménopause
Assurance Maladie — Ménopause : symptômes, diagnostic et prise en charge
Ma ML et al. — Efficacy of vitamin K2 in the prevention and treatment of postmenopausal osteoporosis, Frontiers in Public Health, 2022
Zhou M et al. — Efficacy and safety of vitamin K2 for postmenopausal women with osteoporosis, Journal of Bone and Mineral Metabolism, 2022
Zhang Z et al. — The effect of vitamin K2 supplementation on bone turnover biochemical markers, Frontiers in Endocrinology, 2025
Reis AR et al. — Supplementation of vitamin D isolated or calcium-associated with bone remodeling and fracture risk, Nutrition, 2023
AlSejari N et al. — Effects of Potassium Citrate Supplementation on Bone Turnover Markers in Postmenopausal Women, Calcified Tissue International, 2026
Reported zinc, but not copper, intakes influence whole-body bone density in healthy postmenopausal women, British Journal of Nutrition, 2011
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